French Ride : De Baroudeur à Guide Voyage Moto

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Des déserts Australiens aux abords du lac du Bourget : quand le baroudeur mue en guide de voyage moto.

Voyageur & Motard

Bien qu’il ne soit ni capitaine d’un bateau, ni grand reporter ; Loïc 32 ans, est un explorateur des temps modernes poussé par le désir irrésistible de découvrir la terre qui le porte. Curieux, débrouillard et touche-à-tout, le jeune homme est de cette nouvelle génération de baroudeurs qui préfère les voyages humanisés au tourisme de masse, et limite les visites de lieux touristiques bondés pour découvrir des territoires authentiques et préservés… Tout cela bien souvent au guidon d’une moto !

Ce goût du voyage et de la découverte, il l’a hérité de ses parents qui l’ont emmené dès son plus jeune âge sillonner les routes d’Europe en camping-car. À 19 ans, le permis moto en poche, Loïc explore les routes de France avec ses roadsters successifs. Installé dans le sud, les Transpyrénéennes, les Cévennes et la Provence n’ont alors plus de secrets pour lui !

Un matin de printemps, il prend la route direction l’Andalousie, qu’il rejoint d’une traite : de Nîmes à Malaga ce sont 1368 km qu’il avale en une seule journée ! Suivent ensuite la Corse, la Croatie, le Portugal…

À 26 ans, le jeune motard part en Asie et enfourche une moto dès que l’occasion se présente. Il parcourt ainsi 3 000 kms en six mois : en Royal Enfield sur les routes d’Inde, sur des motos hors d’âge en Birmanie, au guidon de petites semi-automatiques sur les routes de Thaïlande et d’Indonésie ou encore en enduro dans la jungle Cambodgienne et Laotienne.

Comme tous les férus de voyage qui ont soif d’apprendre, Loïc ne rate jamais une occasion d’en découvrir plus. À l’été 2014, au retour de son périple en Asie, quand son pote l’invite à le rejoindre pour faire le tour de l’Australie en van, il n’hésite pas longtemps… Il accepte l’invitation mais fera l’aventure à moto ! 2 mois plus tard, son ami vient le chercher à l’aéroport de Darwin dans le territoire du Nord. Il a un sac à dos de 50L, une tente, un sac de couchage 20°C, un Opinel et une chemise à carreaux…

Lets run away Australia !

À peine arrivé en Australie, le jeune homme décroche un job pour récurer des cages dans une ferme à crocodile afin de gagner un peu d’argent mais il est rapidement renvoyé pour être allé taquiner d’un peu trop prêt les énormes mâles reproducteurs à la pause de midi ! Loïc prend alors la direction de la côte Pacifique à l’Est avec son ami et se met rapidement à la recherche de son bolide. À Brisbane, il trouve l’élue : une Kawasaki KLR 650 de 2004 en bon état avec 20 000 km au compteur. 3000 $ avec un top case chinois et un casque trop petit, ça fera l’affaire !

Loïc et sa partenaire de voyage, une Kawasaki KLR 650 de 2004 en bon état avec 20 000 km au compteur.

Désormais seul, il s’enfonce sur une piste dans la forêt et installe son premier campement.

À 19 heures, il fait nuit noire et un énorme orage se dirige vers lui. Juste avant de s’engouffrer dans la tente, un gros 4×4 s’arrête, sort du chemin et l’aveugle avec son énorme rampe de feux additionnels avant de repartir en faisant vrombir le moteur. En plus de la peur de la tempête qui s’annonce, s’ajoute la panique que ce timbré sorti de nulle part revienne lui rendre visite pendant la nuit… Loïc passe alors la moitié de la nuit en boule sous la tente en écoutant paniqué les impacts de foudre tomber et les branches d’eucalyptus (très fragiles) se casser sous la force du vent.

Le lendemain matin, un python profite de l’humidité ambiante pour une petite balade au milieu du campement. Le voyageur décide de plier rapidement bagage. Le reste de la piste est chaotique, des arbres entiers sont tombés et barrent le chemin et il doit traverser trois rivières suralimentées par les orages de la nuit. La première route goudronnée est un don du ciel, le jeune homme ne la quitte plus jusqu’au bivouac du soir où il prend vraiment la mesure de ce road-trip extraordinaire et des obstacles à surmonter.

C’est un Loïc plus mesuré qui reprend la route. Les journées s’enchaînent alors plutôt bien…

Petit à petit, il équipe sa belle : une paire de sacoches cavalières dégotées sur “Leboncoin” local, une sacoche de réservoir et le fond d’une cagette de lait en guise de rack. Il découvre le plaisir et la liberté de pouvoir rouler chemise ouverte sur une plage de sable blanc de 50 km !

Malgré tout, la solitude se fait vite ressentir et il propose à son cousin Pierre, motard et passionné de voyages également, de le rejoindre. Après quelques échanges, celui-ci lui annonce son arrivée début janvier ! Le rendez-vous est pris à Sydney.

En attendant, Loïc fête Noël à la plage par 35 degrés avec comme cadeau un banc de 5 dauphins surfant avec lui, magique ! L’arrivée sur Sydney à moto par le fameux Harbour Bridge avec vue plongeante sur l’Opéra est un moment fort du voyage ! C’est le 31 décembre, le soir venu, il assiste à l’un des plus beaux feux d’artifice au monde.

Il récupère Pierre quelques jours plus tard. Celui-ci sort de l’aéroport à midi (sans le saucisson qu’il s’est fait confisquer !), ouvre son compte bancaire australien à 13 heures et acquiert dans la foulée sa bécane, un modèle similaire à celui de Loïc afin de faciliter la gestion des pièces détachées. Exit la chemise à carreaux, les deux cousins s’offrent un équipement décent à la hauteur du trip qui les attend.

L’aventure commence vraiment !

Les jeunes prennent la direction de Melbourne à travers la chaîne montagneuse des Alpes Australiennes et passent trois semaines à explorer les environs du plus haut sommet d’Australie, le Mont Kosciuszko culminant à 2228 mètres. Les pistes sont magnifiques mais escarpées et rocailleuses et les deux aventuriers qui avancent sur un rythme engagé avec des motos (sur)chargées et pas forcément adaptées, essuient de nombreuses chutes. Résultat : les premières crevaisons et un carter d’huile moteur percé.

Les bivouacs sont superbes mais les températures nocturnes sont glaciales, et c’est d’autant plus difficile que Loïc et Pierre n’ont que des sacs de couchage “light” adaptés pour l’été ! Qui a dit que l’Australie était un pays chaud ?! Les douches sont rares et tout aussi froides dans les ruisseaux de montagne. Loin de toute civilisation les jeunes hommes retombent à l’état sauvage et lorsqu’un lapin se jette sous les roues de Loïc, il est délicatement préparé par Pierre et finit à la casserole par une nuit brumeuse et froide à 1700 mètres d’altitude…

Sur les pistes rouges Australiennes

Les deux motards font une arrivée remarquée dans le port de Melbourne avec leurs tenues salies, leurs visages marqués et l’état défraichi des motos qui trahissent les rudes conditions rencontrées lors des trois dernières semaines. Ils embarquent pour une nuit de bateau direction la Tasmanie.

Tout ici est source d’aventures mais sous les 40èmes rugissants, le climat change très rapidement et mettent les deux acolytes à l’épreuve de la pluie, du vent et du froid. Loïc et Pierre reviennent alors sur le continent et fuient l’hiver. Ils arrivent rapidement aux portes du désert : des pistes de sable rouge où ils ne croisent que des kangourous.

Puis ils remontent en hors-piste par une rivière asséchée jusqu’au lac Gairdner et emprunte la longue ligne droite de 2700 km séparant Adélaïde de Perth.

Ils rejoignent le Nord de l’Australie et son climat tropical puis traversent le désert des Pinnacles avant de rejoindre la côte où pélicans et dauphins sont peu farouches.

Passé le tropique du Capricorne, s’offrent à eux 200 kilomètres de barrière de corail dont 100 kilomètres accessibles par une piste sableuse et des dunes où les deux hommes se retrouvent seuls au monde ! Ils baissent la pression des pneus pour adopter une conduite “Dakar” plus engagée. Ils en profitent aussi pour plonger avec les tortues et les requins et pêcher dans le lagon. Et quelle pêche ! De belles carangues et un beau barracuda les nourrissent pendant quelques jours ! Seul leur faible autonomie en eau les oblige à quitter ce petit paradis…

La côte Ouest est aussi immense que ses routes ennuyeuses. Avec une moyenne journalière d’environ 500 kilomètres (de lignes droites désertiques!) entre chaque point d’intérêt et comme seuls compagnons les plus gros camions du monde mesurant jusqu’à 53 mètres qui les frôlent avec leurs 200 tonnes à plus de 110 km/h, les deux hommes arrivent vite au Parc National de Karijini.

Réputé comme étant l’un des plus beaux parcs d’Australie, il tient toutes ses promesses : dédale de gorges étroites et profondes, randonnées aquatiques, baignade, vues à couper le souffle et bivouacs de rêve dans ces immensités de grès rouge…

Au fil des jours, les villages se raréfient pour laisser place à des réserves, semblables à des bidonvilles en plein désert où sont tristement “parqués” les aborigènes, victimes d’une colonisation dévastatrice.
Plus rares encore que les stations essences parfois séparées de plus de 1000 km, les supermarchés qui sont soigneusement répertoriés dans l’atlas routier des deux cousins. Ces derniers prennent donc soin de conserver quelques stocks de gaufrettes (petit déj’), boîtes de thon à l’huile et crackers (repas du midi) et riz et nouilles chinoises (qu’ils cuisent à l’eau le soir à même le feu). Pour s’hydrater, ils boivent l’eau de pluie récoltée pendant la saison humide et stockée dans d’énormes cuves en plein désert. Ils transportent en permanence une quinzaine de litres qu’ils utilisent à bon escient.

Le mercure remonte atteignant même les 40 degrés et les nuits, douces, sont plus agréables. Loïc et Pierre arrivent sur la mythique Gibb River Road, une piste cassante qui traverse l’immense et superbe région du Kimberley au Nord-Ouest de l’Australie où poussent des Baobabs et vivent des crocodiles !

Ils traversent ensuite le Territoire du Nord et ses fameuses pistes rouges en pleine savane. Après 1000 km de piste désertique, ils arrivent à Alice Springs en plein centre de l’Australie pour ressouder le cadre de Pierre qui n’a pas résisté aux rudes conditions de la piste…

Ils croisent quelques dromadaires sur la route qui les mène au mythique Ayers Rock, cet énorme rocher, emblème de l’Australie. La terre y est plus rouge qu’ailleurs, le ciel plus bleu et les étoiles y brillent de mille feux ! Les 3000 km qui séparent alors Loïc du Pacifique ne sont qu’un jeu d’enfant, retour à Brisbane, la boucle est bouclée !

Le mythique Ayers Rock

L’aventure en chiffres : 8 mois, plus de 240 nuits en tente, 38 600 km en bécane à travers les 8 états ou territoires Australiens, 1737 litres d’essence…

De la terre, de la boue, du sable, de la poussière et de l’eau ! Mais aussi et surtout, une liberté et un plaisir de rouler incomparable, des bivouacs sublimes en pleine nature tous les soirs, une nature sauvage et préservée… Une aventure magique, extrême et sauvage qui a poussé à la réflexion… “Mais que vais-je donc faire de retour à la maison ?!” L’idée germe et une fois en France, le jeune homme se décide : “je veux lancer ma propre agence de voyage moto afin d’offrir mon expérience et mon savoir-faire aux motards du monde entier !”.

Au service de tous les motards-voyageurs

C’est fin 2017, après des mois de travail que Loïc lance finalement sa boîte “The French Ride”, à Aix les Bains, sur les bords du Lac du Bourget.

Avec une flotte de motos neuves et un emplacement de choix au cœur des Alpes entre lacs et montagnes à seulement 3 heures en TGV de Paris, le jeune savoyard propose des road-trip personnalisés sur les plus belles routes de France et d’Europe. En circuit accompagné, Liberté, Sur-mesure ou en simple location ; au guidon d’une de ses motos ou avec une moto personnelle ; sur une journée, un week-end, une semaine ou plus ; beaucoup d’options sont possibles !

La force de cette jeune entreprise est sa taille humaine lui permettant d’être flexible et réactive. De plus, son gérant qui en plus d’être un motard averti, se montre très perfectionniste dans le choix de ses partenaires et partage avec passion son amour de la route et du voyage. Les circuits reposent d’ailleurs sur des parcours déjà reconnus par ses propres soins. Les prestations sont à destination de tous les motards, quels que soit leur niveau de pilotage et tous les voyages sont adaptés en fonction du budget et des envies de chacun.

The French Ride propose des trails derniers modèles de la gamme Suzuki, à savoir les V-Strom 650 et 1000 qui sont des motos parfaites pour une balade d’un jour comme pour un voyage de trois semaines. Faciles, dociles et confortables, elles sont adaptées aux motards débutants comme aux plus expérimentés. Les “petites” 650 sont vraiment bluffantes et pardonnent tout, de vrais vélos ! Les 1000 sont plus vives et leur couple est sensationnel !

Pour Loïc, le voyage moto parfait commence par un itinéraire soigneusement dessiné et répondant au niveau et aux attentes du client, avec des étapes de choix. Il comprend aussi des hébergements et des restaurants soigneusement sélectionnés ainsi qu’une ou plusieurs journées de repos bien placées afin de profiter au maximum, après tout ce sont aussi des vacances !

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